Jeudi 10 mars 2011 — Dernier ajout dimanche 23 mars 2014

Carême

Chers amis,

Nous voici entrés en carême, temps privilégié pour laisser Dieu nous aider à « devenir nous-mêmes », rayonnant de sa vie et débordant de son amour pour les autres !

bonne montée vers Pâques ! en union de prières, Les membres de la Fraternité.

Versets de référence

  • « Es-tu Celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » Mat 11,3
  • « Car Jean disait à Hérode : “Il ne t’est pas permis de garder la femme de ton frère” » Mc 6,18
  • « Hérode craignait Jean, sachant que c’était un homme juste et saint et il le protégeait. Quand il l’avait entendu, il restait fort perplexe ; cependant, il l’écoutait volontiers. » Mc 6,20
  • Jean parle de Jésus« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tout. Celui qui est de la terre est terrestre et parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel témoigne de ce qu’il a vu et de ce qu’il a entendu, et personne ne reçoit son témoignage. Celui qui reçoit son témoignage ratifie que Dieu est véridique » Jn 3,31-33

Aspects de la vie de Saint Jean-Baptiste : la prison et le martyre

Pour vivre le carême à la suite de saint Jean-Baptiste, nous nous proposons de méditer sur la période de prison qu’il a vécu à la fin de sa vie, jusqu’au martyre.

Jean est mis en prison par Hérode parce que la vérité qu’il lui dit le dérange.

Jean va être persécuté jusqu’à la mort avant tout pour sa fidélité à cette vérité très précise : le caractère sacré du mariage et de la famille, tels que voulus par Dieu, bénis par Dieu, surtout aimés de Dieu. Aimés comme la prunelle de ses yeux, comme le chef-d’œuvre de toute sa création.

Commence pour lui un autre désert où il se laisse dépouiller de tout, à commencer par ses propres disciples. Dépouillé de sa proximité avec l’Époux, Jésus, dépouillé de ses certitudes, de son bel élan missionnaire, de son feu intérieur brûlant pour Dieu.

Il doute : « Es-tu bien celui que nous attendons ? ». Phrase déroutante ! Devant ce mystère, on peut avancer deux explications, commentés par différents Pères de l’Église.

  • D’abord Jean est peiné de voir encore de nombreux disciples qui lui sont attachés, alors il trouve ce stratagème pour leur faire rencontrer directement leur Messie : peut-être seront-ils conquis par Jésus ?
  • Ensuite, nous entrons dans le combat intérieur très fort de Jean que nous pouvons rapprocher du cri de Jésus sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Totalement seul, désorienté, Jean est tenté par le désespoir. « Et si je m’étais trompé ? Si j’avais tout gâché ? » Cette tentation du désespoir, d’autres grands saints la vivront après lui, comme Thérèse qui a vu dans cette nuit de la foi un moyen de souffrir pour sauver des âmes.

Dans notre spiritualité

La fraternité prend acte de l’importance de la famille dans le livre de vie :

Les années ont montré la grâce de la famille au sein de la Fraternité et la richesse qu’elle apporte en vivant pleinement sa vocation de « Foyer d’Amour » au sein de l’Eglise et dans sa vie quotidienne au cœur du monde.

La famille vit en communion avec le magistère de l’ Église Catholique. Une prière familiale est vécue quotidiennement comme signe de la présence de Dieu dans nos familles.

L’engagement dans la Fraternité se vit en couple, il doit tenir compte de la réalité familiale.

Remercions saint Jean-Baptiste du don de sa vie pour tous les couples et les familles de la terre !

Attachons-nous à approfondir notre fidélité à la vie spirituelle décrite dans le livre de vie, et en particulier : oraison quotidienne, sacrement du pardon, accompagnement spirituel, et aussi les vertus évangéliques :

  • La pauvreté : « Heureux ceux qui ont une âme de pauvres car le Royaume des Cieux est à eux. » (Mt 5, 3)

Les fidèles au Christ « ont à régler comme il faut leurs affections pour que l’usage des choses du monde et un attachement aux richesses contraire à l’esprit de pauvreté évangélique ne les détourne pas de poursuivre la perfection de la charité. » (Lumen Gentium 42) Vivant l’abandon à la Providence, afin de faire la première place à Dieu , nous manifestons que la sécurité est en Lui et non dans les biens de ce monde.

La pauvreté dans l’esprit signifie aussi l’humilité volontaire d’un esprit humain et son renoncement. C’est l’abandon à la volonté du Père de Jésus quand l’apôtre Paul dit « il s’est fait pauvre pour nous » (Co 8, 9)

  • La chasteté : « Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu » (Mt 5, 8)

« La chasteté est une tâche et non pas un état » (Xavier Thévenot) qui nécessite des moyens : « la connaissance de soi, la pratique d’une ascèse adaptée aux situations rencontrées, l’obéissance aux commandements divins, la mise en œuvre des vertus morales et la fidélité à la prière. » (CEC 2340) Précisément, « La chasteté signifie l’intégration réussie de la sexualité dans la personne et par là l’unité intérieure de l’homme dans son être corporel et spirituel (…) Elle devient personnelle et vraiment humaine lorsqu’elle est intégrée dans la relation de personne à personne, dans le don mutuel entier et temporellement illimité de l’homme et de la femme. » (CEC 2337)

  • L’obéissance :

Avant de se concrétiser en actes, elle est une attitude spirituelle par laquelle nous sommes invités à vivre intensément l’abandon à la volonté du Père, le don de soi, tout étant surpassé par l’Amour.

A la suite de Jésus, et prenant comme modèle la Vierge Marie nous sommes invités à une attitude d’obéissance au Père qui passe notamment par une obéissance à l’Église et donc à son pasteur et à ses différents responsables.

Gestes à poser

Chacun aura à cœur de choisir un geste qui lui est propre, effort quotidien vers Dieu, comme un entraînement sportif de l’âme ;

Nous pouvons aussi vivre le Carême comme une cure de désintoxication, en nous interrogeant sur ce qui encombre notre vie spirituelle et notre vie tout court, en nous demandant : “suis-je capable de m’en passer quarante jours ?”

Plus concrètement : recevoir le sacrement du pardon, rencontrer notre accompagnateur spirituel.

Important à rappeler, en particulier aux enfants : Tous ces « efforts de carême » seraient vains sans une réelle vie de prière, une plus grande intimité avec le Christ dans la prière. Il s’agit de revenir à Dieu, de s’en rapprocher, pas de se prouver à soi-même ses pouvoirs de « superhéros » !!

Tout ce que nous choisirons de vivre pendant ce carême peut nous permettre de devenir davantage nous-mêmes, pour mieux répondre à notre appel propre au cœur de la société, pour rendre davantage présent le royaume de Dieu là où nous sommes.

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