Taizé, un lieu unique…

À l’occasion de la mort de frère Roger…

Le 17 août j’avais prévu de venir passer la fin d’après-midi et la soirée à Taizé, j’emmenais mon frère qui devait y rester quelques jours. Et puis il y eut cette annonce de la mort de frère Roger…

Nous n’avons pas changé nos plans et nous y sommes allés, ne sachant pas trop comment cela se passerait sur la colline.

Frère Roger, fondateur de la communauté œcuménique de Taizé (Saône-et-Loire), a été tué ce mardi 16 août, au cours de la prière du soir. Il était âgé de 90 ans.

Qu’il fût habillé de l’aube blanche des offices ou de son éternel chandail à grosses mailles, c’est son visage, d’abord, qui frappait, plissé dans les rides d’un permanent sourire. On ne pouvait échapper à ce regard bleu, profond, doux comme le moutonnement des collines alentours. Le regard d’un homme à la fois obstiné et humble, mystique et réaliste. Y a-t-il jamais eu correspondance aussi grande entre un homme, un lieu, un projet ?

Le 17 août à Taizé…

Je suis arrivé à Taizé le lendemain de la mort de frère Roger, non par précipitation après avoir appris la triste nouvelle mais car mon séjour là-bas était déjà prévu. Destin, chance ou malchance je ne sais pas, c’était une journée bizarre. A mon arrivée dans le milieu d’après midi un silence et un calme inhabituel régnaient à Taizé.

En parlant avec d’autre jeunes pendant la semaine j’ai compris ce sentiment. En plus de la tristesse apparente la fatigue était aussi là car exceptionnellement le soir de la mort de Frère Roger la prière du soir a continué jusqu’au bout de la nuit pour un certain nombre.