De nos envoyés spéciaux à Rome
Mercredi 7 mars 2012 — Dernier ajout vendredi 6 janvier 2012

La béatification de Charles de Foucauld

Michel et Céline étaient à Rome au nom de la Fraternité Saint Jean-Baptiste

La belle image montrant le Pape Benoît XVI serrant la main des Touaregs du Hogar à la fin de la cérémonie de la Béatification de Charles de Foucauld a fait le tour du monde. En ces temps difficiles, les journalistes ont voulu y voir une dimension politique importante. Plus tôt dans la cérémonie, pendant la narration de la vie du Frère Charles de Jésus, la dimension spirituelle des rapports entre la Chrétienté et l’Islam avait aussi été évoquée. Tout le monde, sur la place Saint Pierre avait pu entendre : « Le témoignage de la foi des Musulmans réveille en lui la question de Dieu : ’’Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse’’ ».

Ces signes d’entente ou même de communion ont été possibles grâce à la personnalité du Frère Charles. Nous pouvons y ajouter notre propre témoignage. Tandis que nous assistions à la messe place Saint Pierre, nous avons pu percevoir, partagée par la foule, la sensation d’une profonde tendresse à l’évocation du Bienheureux.

Nous avions été envoyés à Rome ce dimanche 13 novembre par la Fraternité Saint Jean-Baptiste qui nourrit depuis ses origines une grande affection pour le Frère Charles de Jésus. Notre règle de vie en effet, nous invite à réciter quotidiennement la très belle prière d’abandon à Dieu qu’il a composée. De plus, nous voyons dans son œuvre un idéal de vie chrétienne que nous souhaitons atteindre, lui qui, comme le soulignait le narrateur place Saint Pierre, « veut crier l’Evangile par toute sa vie dans un grand respect de la culture et de la foi de ceux au milieu desquels il vit. » ou encore « qui veut rejoindre ceux qui sont le plus loin, les plus délaissés, les plus abandonnés. » Le frère Charles voulait que chacun de ceux qui l’approchent le considère comme un frère, « le Frère Universel ». C’est cet effort constant dans la vie du bienheureux pour rejoindre son prochain dans la tendresse et le respect qui nous a profondément touchés, ce jour là, place Saint Pierre.

C’est aussi cet amour respectueux de l’autre émanant de la personnalité de Charles de Foucauld qui a rendu possibles ces signes d’entente évoqués plus haut.

C’est toujours cet amour de l’autre qui nous conduit directement à Dieu. En effet, le Bienheureux Charles de Jésus voulait « être assez bon pour qu’on dise : ’’Si tel est le serviteur, comment donc est le Maître.’’ »

Cette bonté nous l’avons perçue lors de la béatification de ce serviteur de Dieu.

Michel Goasampis

La mémoire de Charles de Foucauld accompagne la Fraternité Saint Jean- Baptiste depuis ses débuts. Notre règle nous invite à réciter quotidiennement la « prière d’abandon à Dieu » qu’il a composée. C’est aussi pour nous un témoignage, celui d’une évangélisation discrète, par les actes de charité et la vie fraternelle, ainsi qu’un grand respect des autres religions, comme il en a fait preuve vis-à-vis de l’Islam. Aller à la Béatification de Charles de Foucauld, c’était fou, mais nous devions le faire.

Nous voilà donc samedi matin à 5h15 à l’aéroport de Genève.

Arrivés à Rome nous décidons d’aller chercher les billets pour la cérémonie de demain. Nous croisons dans la rue ou se trouve le centre d’accueil, des Saint-Cyriens à plume (Charles de Foucauld a été à l’école de St Cyr). La dame qui nous reçoit nous demande à quel nom notre réservation a été faite… Ah bon fallait réserver ? On lui explique qu’on ne savait pas, bla bla bla et là elle nous donne deux billets (et foulards à l’effigie du futur bienheureux) qu’elle tenait dans la main et qu’on venait d’annuler, merci Seigneur ! Nous voilà avec les billets verts qui nous permettront d’accéder à la place St Pierre.

Nous avons ensuite été sur la tombe de Jean-Paul II. Il faut faire la queue pour passer devant le tombeau mais on a pu s’arrêter juste un peu plus loin pour prier. Ce fut un moment très fort, très émouvant, comme quand on va sur la tombe d’un membre de sa famille.

L’après-midi nous avons visité Saint Paul Hors les murs (où se trouve la tombe de Saint Paul) et Saint jean de Latran . Ce sont des basiliques magnifiques, impressionnantes.

Le lendemain nous voilà sur la place St Pierre, bien placés. La cérémonie était géniale. C’est impressionnant de voir tous ces Chrétiens prier ensemble, venue d’horizons différents. Charles de Foucauld est béatifié avec deux autres sœurs. Comme il est français on lit sa biographie en français et la deuxième lecture également. On découvre Charles de Foucauld comme un exemple pour notre monde : il a commencé par avoir une vie dissolue et s’est ensuite converti. D’un point de vue spirituel, ceci montre qu’il n’est jamais trop tard pour devenir un homme bon et même un saint ! Par la suite, une fois sa conversion accomplie, il n’a eu de cesse d’être radical dans ses engagements. Cette radicalité est un témoignage fort pour le monde d’aujourd’hui.

C’est bien après sa mort que porteront les fruits de son don total au Seigneur. De son vivant il n’a vu aucun fruit de ce qu’il pouvait semer, il était seul, n’avait pas de frères.

La cerise sur le gâteau de la cérémonie a été la venue du Saint Père à la fin de la cérémonie et ensuite son apparition à la fenêtre de son appartement. On a « pris » la bénédiction finale pour la Fraternité.

Que le Seigneur vous bénisse chacun, que le Bienheureux Charles de Foucauld vous inonde de ses grâces, qu’avant toute chose nous n’en cherchions qu’une : Que TA volonté soit faite Seigneur.

Merci à chacun de nous avoir porté dans la prière pendant tout ce séjour et de nous avoir permis de vivre tout ça.

Céline Goasampis

"Charles de Foucauld a eu une influence notable sur la spiritualité du XXe siècle et il reste, en ce début du troisième millénaire, une référence féconde, une invitation à un style de vie radicalement évangélique, et cela au-delà même de ceux qui appartiennent aux différents groupements dont sa famille spirituelle, nombreuse et diversifiée, est formée. Accueillir l’Évangile dans toute sa simplicité, évangéliser sans vouloir imposer, témoigner de Jésus dans le respect des autres expériences religieuses, réaffirmer le primat de la charité vécue dans la fraternité, voilà quelques-uns seulement des aspects les plus importants d’un précieux héritage qui nous incite à faire que notre vie consiste, comme celle du bienheureux Charles, à « crier l’Évangile sur les toits… [à] crier que nous sommes à Jésus ».