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	<title>Fraternit&#233; Saint Jean-Baptiste</title>
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	<description>Fraternit&#233; Saint Jean-Baptiste : Ce que nous avons re&#231;u, nous voulons en &#234;tre les t&#233;moins dans nos lieux de travail, dans nos familles, aupr&#232;s de nos amis, dans les paroisses o&#249; nous vivons.</description>
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		<title>Fraternit&#233; Saint Jean-Baptiste</title>
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		<title>Hommage&#8230;</title>
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&lt;p&gt;Fr&#232;re Roger, fondateur de la communaut&#233; &#339;cum&#233;nique de Taiz&#233; (Sa&#244;ne-et-Loire), a &#233;t&#233; tu&#233; ce mardi 16 ao&#251;t, au cours de la pri&#232;re du soir. Il &#233;tait &#226;g&#233; de 90 ans. Qu'il f&#251;t habill&#233; de l'aube blanche des offices ou de son &#233;ternel chandail &#224; grosses mailles, c'est son visage, d'abord, qui frappait, pliss&#233; dans les rides d'un permanent sourire. On ne pouvait &#233;chapper &#224; ce regard bleu, profond, doux comme le moutonnement des collines alentours. Le regard d'un homme &#224; la fois obstin&#233; et humble, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.fratweb.org/-Taize-un-lieu-unique-.html" rel="directory"&gt;Taiz&#233;, un lieu unique&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;re Roger, fondateur de la communaut&#233; &#339;cum&#233;nique de Taiz&#233; (Sa&#244;ne-et-Loire), a &#233;t&#233; tu&#233; ce mardi 16 ao&#251;t, au cours de la pri&#232;re du soir. Il &#233;tait &#226;g&#233; de 90 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il f&#251;t habill&#233; de l'aube blanche des offices ou de son &#233;ternel chandail &#224; grosses mailles, c'est son visage, d'abord, qui frappait, pliss&#233; dans les rides d'un permanent sourire. On ne pouvait &#233;chapper &#224; ce regard bleu, profond, doux comme le moutonnement des collines alentours. Le regard d'un homme &#224; la fois obstin&#233; et humble, mystique et r&#233;aliste. Y a-t-il jamais eu correspondance aussi grande entre un homme, un lieu, un projet ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'homme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est le 20 ao&#251;t 1940 que Roger Schutz, un jeune pasteur protestant de Suisse, d&#233;barque pour la premi&#232;re fois en Bourgogne, &#224; Taiz&#233; (Sa&#244;ne-et-Loire), qu&#234;teur solitaire de Dieu et d'un lieu o&#249;, avec quelques &#171; fr&#232;res &#187;, il aurait fond&#233; une communaut&#233; dont il voulait d&#233;j&#224; faire un signe d'unit&#233; entre les chr&#233;tiens divis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est n&#233; en Suisse, le 12 mai 1915, &#224; Provence, pr&#232;s de Neuch&#226;tel, fils du pasteur Charles Schutz, une partie des racines de Fr&#232;re Roger est ancr&#233;e dans cette terre de Bourgogne par sa m&#232;re, Am&#233;lie Marsauche, elle aussi de famille protestante. Il est le petit dernier d'une fratrie de sept fr&#232;res et s&#339;urs qui lui donneront ce pr&#233;nom de Roger, auquel il restera attach&#233;. A la maison, une grand-m&#232;re maternelle lui donne le go&#251;t des grands espaces et du silence int&#233;rieur. Mais on lit aussi &#224; haute voix Blaise Pascal et Ang&#233;lique Arnauld, la sup&#233;rieure de Port-Royal. Roger d&#233;vore le Pascal des Pens&#233;es. Il y d&#233;couvre le malheur de vivre &#233;loign&#233; de Dieu et le bonheur de l'approcher.
L'adolescent est &#233;lev&#233; selon les r&#232;gles d'un protestantisme rigoureux, mais dans le respect des &#171; papistes &#187;. Il fr&#233;quente, parfois en cachette, les &#233;glises paroissiales o&#249; il aime prier et r&#233;fl&#233;chir. Il est m&#234;me fascin&#233; par la liturgie romaine et, &#224; 13 ans, pour faire ses &#233;tudes en ville, ses parents l'autorisent &#224; loger chez une catholique, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Biolley. Leurs conversations l'&#233;veilleront tr&#232;s t&#244;t &#224; sa vocation &#339;cum&#233;nique. Mais, pour le jeune Roger, la p&#233;riode du coll&#232;ge est aussi celle des interrogations spirituelles. L'adolescent manque de perdre la foi. Et m&#234;me la vie : il est frapp&#233; d'une tuberculose pulmonaire. Plus tard, il racontera aux jeunes de Taiz&#233; que son itin&#233;raire n'a rien d'exceptionnel, que, lui aussi, a v&#233;cu tous leurs tourments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger Schutz r&#234;ve de devenir paysan. Ou po&#232;te. Mais son p&#232;re pasteur l'oriente vers des &#233;tudes de th&#233;ologie qui le conduisent &#224; l'universit&#233; de Lausanne. D&#233;j&#224;, son charisme s'exerce dans un milieu de jeunes et il est &#233;lu, &#224; sa grande surprise, pr&#233;sident de l'association des &#233;tudiants chr&#233;tiens. De m&#234;me, pr&#233;pare-t-il sa th&#232;se sur &#171; l'id&#233;al de la vie monastique jusqu'&#224; saint Beno&#238;t et sa conformit&#233; &#224; l'Evangile &#187;. &#338;cum&#233;nisme, jeunesse, vie et pri&#232;res r&#233;guli&#232;res : les grandes inspirations y sont. L'aventure de Taiz&#233; est d&#233;j&#224; toute trac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il arrive en 1940, &#224; 25 ans, dans le village bourguignon, proche de la ligne de d&#233;marcation, sa maison devient vite un refuge. Elle accueille sans distinction juifs, r&#233;fugi&#233;s politiques et r&#233;sistants. Fr&#232;re Roger se souviendra longtemps de la soupe aux orties, du ramassage des escargots, des hivers froids et solitaires des premi&#232;res ann&#233;es de guerre et de mis&#232;re &#224; Taiz&#233;. Mais le 11 novembre 1942, &#224; la suite d'une d&#233;nonciation, sa maison est fouill&#233;e de fond en comble par la Gestapo. C'est la premi&#232;re exp&#233;rience cruelle de sa vie. Roger est oblig&#233; de quitter Taiz&#233;, de repasser la fronti&#232;re et son projet communautaire va m&#251;rir dans l'&#233;loignement forc&#233; de Gen&#232;ve.
C'est l&#224; que le rejoignent ses premiers compagnons de route, suisses comme lui, Max, un th&#233;ologien, Pierre, un agronome, Daniel, et qu'il &#233;crit les premiers &#233;l&#233;ments de ce qui deviendra la R&#232;gle de Taiz&#233; : &#171; Maintiens en tout le silence int&#233;rieur pour demeurer en Christ. P&#233;n&#232;tre-toi de l'esprit des B&#233;atitudes : joie, simplicit&#233;, mis&#233;ricorde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour en Bourgogne, en octobre 1944, l'air de Cluny ou de Clairvaux aurait pu lui tourner la t&#234;te. Il aurait pu r&#234;ver de cr&#233;er ou restaurer un ordre chr&#233;tien. A la fois autoritaire et doux, Roger est de la race des fondateurs. Pourtant, toute sa vie, rien ne lui sera plus &#233;tranger que le fait de &#171; s'installer &#187;, de fixer des programmes, de constituer autour de lui un mouvement, une structure, un ordre. Tout son projet s'inscrit au contraire dans cette &#171; dynamique du provisoire &#187;, dont il fera le titre d'un de ses livres.
Les &#171; fr&#232;res &#187; arrivent un &#224; un. Ils font les v&#339;ux monastiques de pauvret&#233;, de chastet&#233;, d'ob&#233;issance, consacrent leur vie &#224; Dieu, &#224; la liturgie, au travail, au silence. Le premier fr&#232;re de nationalit&#233; fran&#231;aise entre dans la communaut&#233; de Taiz&#233; en 1948. &#171; Nous ne voulions pas &#234;tre plus de quinze &#187;, dira souvent Fr&#232;re Roger. Cinquante ans apr&#232;s, ils sont quatre-vingt-dix, originaires d'une vingtaine de pays dans la diversit&#233; des traditions chr&#233;tiennes. La communaut&#233; de Taiz&#233; va m&#234;me essaimer, en petites fraternit&#233;s provisoires, en Inde, au Bangladesh, au Br&#233;sil, en Afrique, en Cor&#233;e, &#224; New York, etc.
En 1948, le jeune prieur demande &#224; l'&#233;v&#234;que d'Autun de pouvoir chanter les offices quotidiens dans l'&#233;glise paroissiale de Taiz&#233;, un bijou d'art roman. Mais quelle n'est pas sa surprise de recevoir une r&#233;ponse, chaleureusement positive, non pas de l'&#233;v&#234;que local, mais du nonce apostolique en personne, repr&#233;sentant le pape en France, qui n'est autre que M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;gr&lt;/sup&gt; Angelo Roncalli, le futur Jean XXIII. Ce fut le d&#233;but d'une longue amiti&#233;. Jean XXIII est l'un des hommes qui auront le plus compt&#233; pour le prieur de Taiz&#233;. De 1962 &#224; 1965, Fr&#232;re Roger est l'un des observateurs les plus attentifs du concile Vatican II.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La passion de l'unit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1941, Fr&#232;re Roger avait re&#231;u &#224; Taiz&#233; l'abb&#233; Paul Couturier, pionnier fran&#231;ais de la lutte pour la r&#233;unification des Eglises qui, &#224; l'&#233;poque, est une cause r&#233;volutionnaire. Plus tard, elle sera mise au c&#339;ur de la R&#232;gle de Taiz&#233; : &#171; Aie la passion de l'unit&#233; du corps du Christ &#187; . En 1960, entre dans la communaut&#233; un fr&#232;re anglican. En 1969, c'est le tour de Ghislain, un jeune m&#233;decin belge catholique. D'autres pr&#234;tres suivront. Ils seront une douzaine au d&#233;but des ann&#233;es 1970. Taiz&#233; n'a aucune appartenance confessionnelle. La communaut&#233; ne poss&#232;de ni statut ni constitution juridique. C'est une communaut&#233; oecum&#233;nique au sens strict, qui se veut figure anticipatrice de l'unit&#233; chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce protestant aura m&#234;me les meilleures relations du monde avec tous les papes. Jean XXIII accueillait Fr&#232;re Roger par ces termes : &#171; Ah Taiz&#233;, ce petit printemps. &#187; Les rencontres avec Paul VI furent &#233;galement confiantes. Au cours de son voyage dans la r&#233;gion lyonnaise, le 5 octobre 1986, Jean Paul II franchit le seuil de la communaut&#233; : &#171; Je me suis senti pouss&#233; par une n&#233;cessit&#233; int&#233;rieure &#187; , dira le pape, ajoutant cette autre formule rest&#233;e c&#233;l&#232;bre : &#171; On passe &#224; Taiz&#233; comme on passe pr&#232;s d'une source. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karol Wojtyla aimait Fr&#232;re Roger qu'il avait invit&#233; &#224; pr&#234;cher, dans son ancien dioc&#232;se de Cracovie, devant 200 000 mineurs. Mais le prieur de Taiz&#233; sera tout autant l'h&#244;te r&#233;gulier de l'archev&#234;que anglican de Cantorb&#233;ry, du patriarche de Constantinople et des responsables du Conseil oecum&#233;nique des Eglises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tournant est le &#171; concile des jeunes &#187;, que le prieur de Taiz&#233; convoque en pleine bourrasque de l'apr&#232;s-68. Il a compris que les &#233;nergies alors &#224; l'&#339;uvre dans la jeunesse occidentale ne combleraient pas, il s'en faut, ses attentes spirituelles et que les Eglises, malgr&#233; l'aggiornamento de Vatican II, ne seraient pas, avant longtemps, &#233;quip&#233;es pour accueillir des jeunes qui fuient les institutions, d&#233;sertent les paroisses et les mouvements. L'attente de Dieu, la soif d'amiti&#233; et d'absolu, la recherche d'un sens &#224; donner &#224; la vie sont autant d'aspirations qui traversent toutes les g&#233;n&#233;rations et surmontent toutes les crises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 1970, par centaines, des jeunes venaient d&#233;j&#224; passer P&#226;ques sur la colline. Leur chiffre ne va pas cesser d'augmenter : ils sont 2 500 en 1970, quand Fr&#232;re Roger annonce &#171; la joyeuse nouvelle &#187; de ce concile d'un genre in&#233;dit. Les ann&#233;es suivantes, ils sont 7 500, puis 16 000, 18 000, 20 000 &#224; P&#226;ques 1974, 50 000 le 30 ao&#251;t suivant pour l'ouverture du &#171; concile des jeunes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Banc d'essai pour les JMJ&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par milliers chaque ann&#233;e, et de partout, des jeunes ne vont plus cesser d'affluer &#224; Taiz&#233; : joie de se retrouver diff&#233;rents, volont&#233; de d&#233;passer les barri&#232;res id&#233;ologiques et confessionnelles, besoin de solidarit&#233; en actes et de communion, go&#251;t de la f&#234;te, du silence, des liturgies d&#233;pouill&#233;es, souhait d'une formation biblique permettant un meilleur enracinement de la foi. C'est sur ce terreau que vont prosp&#233;rer toutes ces formes de rassemblement de jeunes dont raffolent les jeunes croyants pour &#233;pancher leur soif d'&#233;motion et d'exp&#233;rience. Taiz&#233; pr&#233;pare les Journ&#233;es mondiales de la jeunesse (JMJ), dont la vingti&#232;me &#233;dition se tiendra en cette fin du mois d'ao&#251;t 2005 &#224; Cologne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il d&#233;pend des jeunes que la grande famille europ&#233;enne sorte de l'&#232;re de la m&#233;fiance &#187;, dit Fr&#232;re Roger &#224; l'Unesco en 1989. Il &#233;crit aussi que &#171; l'une des urgences des ann&#233;es &#224; venir est de mettre la r&#233;conciliation l&#224; o&#249; il y a la blessure de la haine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, Taiz&#233; continue de plus belle. On vient sur la colline pour prier, non pour s'enivrer de paroles. Pour lire les Ecritures, rencontrer d'autres jeunes du bout du monde, porteurs de m&#234;mes valeurs et d'une &#233;gale soif de solidarit&#233;, ainsi qu'une communaut&#233; monastique originale qui a toujours su r&#233;sister aux modes &#8212; hier le doute et la contestation, aujourd'hui l'affirmation identitaire &#8212; et &#224; la tentation de faire de Taiz&#233; un ghetto&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soixante ans apr&#232;s l'arriv&#233;e de Roger Schutz &#224; Taiz&#233;, l'intuition premi&#232;re n'a pas vari&#233;. Et pourtant, l'homme qui vient de mourir &#233;tait toujours hant&#233; par l'ampleur de la t&#226;che &#224; accomplir. &#171; Suis-je parvenu &#224; exprimer assez que Dieu ne veut pas la souffrance et ne s'impose pas par des volont&#233;s mena&#231;antes, mais qu'il aime tout &#234;tre humain sans exception ? La confiance est au d&#233;but de tout &#187;, &#233;crivait Fr&#232;re Roger dans un de ses &#233;crits de grande port&#233;e spirituelle. Et comme pour se r&#233;conforter, une fois de plus il r&#233;p&#233;tait : &#171; Nous sommes encore au d&#233;part. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le 17 ao&#251;t &#224; Taiz&#233;&#8230;</title>
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&lt;p&gt;Le 17 ao&#251;t &#224; Taiz&#233;&#8230; Je suis arriv&#233; &#224; Taiz&#233; le lendemain de la mort de fr&#232;re Roger, non par pr&#233;cipitation apr&#232;s avoir appris la triste nouvelle mais car mon s&#233;jour l&#224;-bas &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#233;vu. Destin, chance ou malchance je ne sais pas, c'&#233;tait une journ&#233;e bizarre. A mon arriv&#233;e dans le milieu d'apr&#232;s midi un silence et un calme inhabituel r&#233;gnaient &#224; Taiz&#233;. En parlant avec d'autre jeunes pendant la semaine j'ai compris ce sentiment. En plus de la tristesse apparente la fatigue &#233;tait aussi l&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.fratweb.org/-Taize-un-lieu-unique-.html" rel="directory"&gt;Taiz&#233;, un lieu unique&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 17 ao&#251;t &#224; Taiz&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis arriv&#233; &#224; Taiz&#233; le lendemain de la mort de fr&#232;re Roger, non par pr&#233;cipitation apr&#232;s avoir appris la triste nouvelle mais car mon s&#233;jour l&#224;-bas &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#233;vu. Destin, chance ou malchance je ne sais pas, c'&#233;tait une journ&#233;e bizarre. A mon arriv&#233;e dans le milieu d'apr&#232;s midi un silence et un calme inhabituel r&#233;gnaient &#224; Taiz&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parlant avec d'autre jeunes pendant la semaine j'ai compris ce sentiment. En plus de la tristesse apparente la fatigue &#233;tait aussi l&#224; car exceptionnellement le soir de la mort de Fr&#232;re Roger la pri&#232;re du soir a continu&#233; jusqu'au bout de la nuit pour un certain nombre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De plus l'apr&#232;s midi beaucoup de jeunes sont partis se promener dans la campagne autour de Taiz&#233; pour &#233;chapper &#224; cette atmosph&#232;re pesante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant cette semaine tout a continu&#233; comme d'habitude car pour les fr&#232;res et pour tout le monde s'arr&#234;ter et se lamenter ne sert &#224; rien. Cependant pendant le carrefour auquel je participais le matin &#233;tait pour moi un peu diff&#233;rent de l'habitude. Nous avons trait&#233; le th&#232;me de la semaine mais le fr&#232;re citait de nombreux exemple de Fr&#232;re Roger et d'anecdotes sur sa vie qui imageaient le th&#232;me. Je ne sais pas si le fr&#232;re avait pr&#233;par&#233; le th&#232;me ainsi ou s'il a cit&#233; tous ces exemples &#224; la m&#233;moire de Fr&#232;re Roger. Ou peut &#234;tre le carrefour prenait plus de port&#233;e pour nous que d'habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pri&#232;res aussi pendant toute la semaine avaient une profondeur comme jamais je n'avais connu &#224; Taiz&#233;. Les chants et les textes sur le pardon et la r&#233;conciliation &#233;taient les m&#234;mes que d'habitude pourtant leurs significations dans ce contexte &#233;taient particuli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils exprimaient le sentiment que j'&#233;prouvais mais me posaient beaucoup de questions. Il est sur que le pardon est important mais dans de telles circonstances je me si ce n'&#233;tait pas un peu t&#244;t pour pardonner. Question b&#234;te mais question quand m&#234;me. J'en ai conclu que le pardon &#233;tait s&#251;rement la meilleure fa&#231;on de faire le deuil, m&#234;me si cela est un des actes les plus durs &#224; accomplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir sur la vie &#224; Taiz&#233; tout continuai comme d'habitude sauf le soir ou Oyak le seul endroit ouvert d'habitude le &#233;tait ferm&#233; personne n'y allait. Le second soir nous nous sommes assis avec d'autres Fran&#231;ais pour discuter et d'autre aussi sont venu petit &#224; petit parler dans le plus grand calme. Jusqu'&#224; ce que l'un d'eux sorte la guitare et en quelques minutes ce fut deux guitares qui attaquaient les chants et l'ambiance &#233;tait repartie comme avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui m'a beaucoup impressionn&#233; &#233;tait l'accueil des gens devant la d&#233;pouille de Fr&#232;re Roger. Le flot des gens n'arr&#234;tait jamais, dans un silence contemplatif. Enfin le moment le plus fort de ma semaine &#224; Taiz&#233; furent les obs&#232;ques. Tant de monde pour un homme si discret mais pourtant connu dans le monde entier cela &#233;tait intense d'&#233;motion. J'ai eu de la chance d'&#234;tre au milieu de l'&#233;glise pendant la c&#233;l&#233;bration qui fut pour moi le r&#233;sultat de toute la vie du Fr&#232;re Roger, quoi de plus &#339;cum&#233;nique que cette messe d'obs&#232;ques catholique pour un homme d'origine protestante c&#233;l&#233;br&#233;e par des repr&#233;sentants de toutes les religions chr&#233;tiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi ce qui mit fin &#224; beaucoup de questions et qui &#224; &#233;t&#233; le moment fort d&#232;s le d&#233;but de la messe fut ces quelques phrases de pardon du Fr&#232;re Alo&#239;s nouveau prieur de la communaut&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#034;Puisque Fr&#232;re Roger ne souhaitait pas qu'on prononce beaucoup de paroles dans les &#233;glises, je voudrais terminer en priant. Dieu de bont&#233;, nous confions &#224; ton pardon Luminita Solcan qui, dans un acte maladif, a mis fin &#224; la vie de notre fr&#232;re Roger. Avec le Christ sur la croix nous te disons : P&#232;re, pardonne-lui, elle ne sait pas ce qu'elle a fait. Esprit-Saint, nous te prions pour le peuple de Roumanie et pour les jeunes Roumains tellement aim&#233;s &#224; Taiz&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toi, le Christ de compassion, tu nous donnes d'&#234;tre en communion avec ceux qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s, et qui peuvent nous demeurer si proches. Nous remettons entre tes mains notre fr&#232;re Roger. D&#233;j&#224; il contemple l'invisible. &#192; sa suite, tu nous pr&#233;pares &#224; accueillir un rayonnement de ta clart&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour moi cette semaine fut &#233;mouvante et le mot pardon a pris une autre dimension.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Alexis&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La vie continue&#8230;</title>
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		<dc:date>2012-03-07T20:19:10Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Le 17 ao&#251;t j'avais pr&#233;vu de venir passer la fin d'apr&#232;s-midi et la soir&#233;e &#224; Taiz&#233;, j'emmenais mon fr&#232;re qui devait y rester quelques jours. Et puis il y eut cette annonce de la mort de fr&#232;re Roger&#8230; Nous n'avons pas chang&#233; nos plans et nous y sommes all&#233;s, ne sachant pas trop comment cela se passerait sur la colline. Nous sommes arriv&#233;s vers 17 heures. Mis &#224; part les deux voitures de gendarmerie, une cam&#233;ra t&#233;l&#233;vis&#233;e et une salle de presse improvis&#233;e au dessus de la morada, tout semblait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.fratweb.org/-Taize-un-lieu-unique-.html" rel="directory"&gt;Taiz&#233;, un lieu unique&#8230;&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 17 ao&#251;t j'avais pr&#233;vu de venir passer la fin d'apr&#232;s-midi et la soir&#233;e &#224; Taiz&#233;, j'emmenais mon fr&#232;re qui devait y rester quelques jours. Et puis il y eut cette annonce de la mort de fr&#232;re Roger&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas chang&#233; nos plans et nous y sommes all&#233;s, ne sachant pas trop comment cela se passerait sur la colline.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes arriv&#233;s vers 17 heures. Mis &#224; part les deux voitures de gendarmerie, une cam&#233;ra t&#233;l&#233;vis&#233;e et une salle de presse improvis&#233;e au dessus de la morada, tout semblait &#171; normal &#187;. Nous sommes all&#233;s boire un th&#233; et nous avons senti cette impression que la vie continue, quelque chose s'est pass&#233;, de triste, il manque &#224; l'ambiance les &#233;clats de rire et les chansons, mais les gens sont l&#224;, provenant du monde entier, et ils discutent au soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes all&#233;s &#224; la casa o&#249; une jeune parisienne nous a accueilli. Nous avons discut&#233; de ce qui s'&#233;tait pass&#233; la veille mais nous n'avons pas insist&#233;, elle &#233;tait encore sous le choc. Elle nous a simplement dit que la vie continuait, les workshops auraient toujours lieu &#224; 17h45, seul celui sur l'Afrique &#233;tait annul&#233; (s&#251;rement que personne n'avait envie de danser sur le rythme des jumb&#233;s)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure de la pri&#232;re du soir, les gens &#233;taient l&#224;, les fr&#232;res aussi, &#224; la place de fr&#232;re Roger : un bouquet de fleurs, une bougie, et l'ic&#244;ne de la r&#233;surrection. Les visages de fr&#232;res &#233;taient empreints de tristesse, mais les chants ont commenc&#233; : dona nobis pacem, ubi caritas&#8230; et la pri&#232;re s'est d&#233;roul&#233;e. &#192; la fin, une fois que les fr&#232;res se sont retir&#233;s, beaucoup de jeunes sont pass&#233;s se recueillir devant cette place o&#249; est tomb&#233; fr&#232;re Roger, devant cette ic&#244;ne, cette bougie et ce bouquet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oyak &#233;tait ferm&#233;, la vie continue mais le c&#339;ur n'est pas encore pr&#234;t &#224; faire la f&#234;te. Ce soir, des petits groupes se forment entre les tentes, pr&#232;s du lieu o&#249; l'on sert le th&#233;, vers les baraquements.
La vie continue.
Demain le corps de fr&#232;re Roger sera expos&#233; dans l'&#233;glise. L'enterrement aura lieu mardi prochain dans cette &#233;glise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gardons de fr&#232;re Roger ce qu'il a pu nous enseigner : la confiance, l'esp&#233;rance et l'unit&#233;, c'est &#224; chacun de nous, croyant ou non de continuer ce qu'il a commenc&#233;, je crois que c'est le meilleur hommage que nous pourrons lui rendre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Isabelle&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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